3RV-E
Les 3RV constituent la hiérarchie des actions à privilégier pour une saine gestion des matières résiduelles.

Biométhanisation

La biométhanisation est un procédé qui permet de valoriser la matière organique par fermentation. Elle consiste à placer la biomasse dans un digesteur en absence d’oxygène (milieu anaérobie) et de la soumettre à l’action de microorganismes. De cette réaction résulte un dégagement de biogaz, composé principalement de méthane (CH4), mais aussi de petites quantités de dioxyde de carbone (CO2) et d’hydrogène sulfuré (H2S). Le biogaz est ensuite envoyé vers une unité d’épuration afin que sa composition devienne similaire à celle du gaz naturel du réseau de distribution.
http://biomethanisation.ca/le-reseau/biomethanisation/

Compostage

(Source : Recyc-Québec)
Le compostage est un procédé de valorisation biologique dit aérobie, soit avec oxygène, qui s’opère grâce au travail de divers microorganismes (bactéries, champignons et actinomycètes) œuvrant dans des conditions idéales d’humidité, d’oxygénation, de pH et de porosité. Ce procédé de décomposition accéléré et contrôlé inclut une phase caractérisée par une température élevée (phase thermophile à plus de 45°C) résultant de la chaleur générée par les microorganismes suivie d’une phase de maturation. Le compost qui en résulte est un produit stable, hygiénisé et riche en composés humiques, qui sert principalement d’amendement et de fertilisant pour les sols.
http://www.recyc-quebec.gouv.qc.ca/upload/publications/mici/mat-org-fiches-2008/fiche5-compostage.pdf
http://www.recyc-quebec.gouv.qc.ca/upload/Publications/le_compostage_facilite.PDF

Écocentre

(Source : Train de vie durable)
Il s’agit d’un endroit où les citoyens peuvent se départir de débris de construction, de rénovation, d’encombrants, de résidus domestiques dangereux et plus encore, et qui ne devrait pas, dans le souci de préserver l’environnement, se retrouver au site d’enfouissement. Un écocentre permet de donner une seconde vie aux objets qui peuvent être revalorisés ou recyclés en plus d’assurer l’élimination sécuritaires des résidus qui peuvent porter atteinte à la santé et à l’environnement.

Matière organique
La matière organique regroupe l’ensemble des matières issues du vivant, qui se décomposent sous l’action de microorganismes. Les résidus de table, les feuilles mortes, les branches, les résidus agroalimentaires, les résidus forestiers, les boues d’épuration en sont les principales sources.

Les matières organiques représentent la plus grande partie des matières éliminées par le secteur résidentiel. Envoyées à l’enfouissement, ces matières entraînent des problèmes environnementaux tels que l’acidification du milieu et la production de gaz à effet de serre. Un milieu acide corrode les métaux qui libèrent alors des composés toxiques. Ces derniers contaminent le lixiviat qui peut s’infiltrer dans le sol et atteindre les eaux souterraines. Quant aux gaz à effet de serre, ils sont produits parce que la dégradation de la matière organique enfouie se fait en absence d’oxygène. La fermentation qui s’opère génère principalement du méthane, un gaz à effet de serre 23 fois plus puissant que le gaz carbonique. Le détournement de la matière organique des lieux d’enfouissement s’avère donc particulièrement important, mais représente encore un défi auquel nous devons faire face.

La matière organique peut être mise en valeur par différents procédés. Elle peut être compostée, c’est-à-dire se dégrader en présence d’oxygène, pour former du compost, une matière riche en éléments nutritifs qui présente de nombreux avantages environnementaux, économiques et agronomiques. Le compostage peut se faire à l’échelle résidentielle, mais aussi à l’échelle industrielle. Le volume ainsi composté détermine ce qui peut être composté ou non. La matière organique peut également être soumise à la biométhanisation, un procédé en absence d’oxygène qui permet de récupérer le méthane à des fins énergétiques. Le digestat issu de ce procédé peut également être utilisé comme matière fertilisante.

Plastiques compostables

Ces plastiques sont faits de cellulose ou d’amidon (donc d’origine végétale) et non des résines issues des hydrocarbures. C’est ce qui explique qu’ils sont en mesure de se décomposer adéquatement.  Pour qu’un produit soit dit « compostable », il doit se biodégrader au même rythme que les végétaux. La norme sur la biodégradation des plastiques par compostage exige qu’un produit se biodégrade à 90 % à l'intérieur d'une période de 180 jours (environ 6 mois). Les sacs compostables sont constitués de matière organique, ils ont donc, dans un site d’enfouissement, le même effet (production de méthane, un important gaz à effet de serre).Les sacs compostables ne sont pas recyclables. On ne peut donc pas les mettre dans la collecte sélective municipale. Toutefois, ils peuvent être mis dans le bac brun avec les autres matières organiques, pour la collecte de la troisième voie. 

ATTENTION! LES SACS BIODÉGRADABLES NE SONT PAS FORCÉMENT COMPOSTABLES!

Plastiques oxo(bio)dégradables

Le plastique oxodégradable, oxobiodégradable (comportant parfois seulement la mention « biodégradable ») sont en réalité fabriqués avec du plastique traditionnel auquel est ajouté un additif à base de métaux. Cette composition permet qu’il se fragmente en morceaux plus petits, lesquels restent toujours constitués de plastique.

Le plastique oxodégradable n’est donc pas compostable (même s’il porte la mention « biodégradable »), puisqu’il est fait de plastique. Il n’est pas non plus recyclable, puisqu’il dénature les propriétés des autres plastiques avec lesquels il sera mélangé.

Plastiques traditionnels

Le plastique est une matière constituée d’hydrocarbures. Il est donc fabriqué à partir de pétrole ou de gaz naturel. Il existe de nombreux types de polymères, mais les six principaux comptent pour plus de 90% de la production totale des emballages domestiques. Selon un système de codification, il est possible de différencier les résines de plastiques. Ainsi, à l’intérieur du ruban de Moebius symbolisant le recyclage se trouve un chiffre correspondant au type de résine avec lequel est fait le contenant.

Les plastiques sont acheminés vers les centres de tri afin d’être séparés selon leur type de résine et mis en ballots pour en faciliter le transport. Dans la majorité des cas, les centres trient séparément le polyéthylène haute densité (ex.: bouteilles de javellisant) et le polyéthylène téréphtalate (ex.: bouteilles d’eau de source) en raison de leur grande disponibilité, des nombreux débouchés existants et de leur prix de vente élevé. Les sacs et les pellicules de plastique peuvent aussi, selon les cas, être triés séparément. Les contenants et les emballages appartenant aux autres catégories de plastique sont, quant à eux, habituellement mis en ballots sous forme mélangée. Tous les articles de plastique ne peuvent malheureusement être mis dans la collecte sélective municipale. Certaines compositions sont acceptées alors que d’autres non.

Recyclage
C’est le troisième «R» de la hiérarchie. Le recyclage consiste à transformer une matière résiduelle en une matière première, laquelle sert ensuite à la fabrication d’un nouveau produit.

Exemples de recyclage : Les bouteilles de plastiques transformées en laine polaire, le papier qui devient une pâte pour la production d’autre papier, etc.

Réduction à la source
On dit que le déchet le moins dommageable est celui qui n'existe pas! C’est pourquoi la réduction à la source est le premier principe de la consommation responsable.

Exemples de réduction à la source : réduire l’utilisation de contenants jetables, bannir les produits suremballés et privilégier les produits en vrac, utiliser des piles rechargeables, utiliser la facturation en ligne, recevoir son journal en version électronique, évaluer les besoins avant un nouvel achat (éviter les achats inutiles), etc.

Réemploi
C’est le deuxième «R» de la hiérarchie. Le réemploi consiste à réutiliser un bien, sans lui faire subir de transformation majeure.

Exemples de réemploi : Utiliser le verso des feuilles imprimées, réparer un vêtement ou en acheter un usagé, utiliser un contenant de yogourt ou de margarine à d’autres fins, réutiliser un sac, etc.

Résidus domestiques dangereux
Les résidus domestiques dangereux que l’on retrouve dans nos maisons représentent la principale source d’accidents chimiques ou toxiques dans la vie quotidienne. En effet, ce sont les produits qui, par une utilisation, un mélange, un entreposage ou une élimination inadéquats, sont susceptibles de causer des dommages à la santé et à l’environnement. La majorité des RDD en vente libre portent un pictogramme de matière dangereuse.

Toutefois, il y a aussi beaucoup de produits de consommation qui ne sont pas identifiés comme des matières dangereuses mais qui peuvent libérer des matières toxiques; c’est le cas des peintures, des bonbonnes aérosols, des accumulateurs pour automobile, des piles domestiques, des pesticides, des médicaments, des lampes fluocompactes, pour n’en nommer que quelques-uns.

Valorisation
Le «V» des 3RV désigne la valorisation, quatrième place dans la hiérarchie avant l’élimination. Le processus de valorisation change complètement la nature de la matière.

Exemples de valorisation : Transformation des matières organiques en compost, conversion de certains résidus en énergie.

Valorisation énergétique
(MDDELCC, Août 2010)
La valorisation énergétique consiste à produire, à partir du pouvoir calorifique des déchets, de l’énergie sous diverses formes (vapeur, gaz, combustible liquide, électricité, etc.). Elle fait intervenir des procédés de traitement thermique telles l’incinération, la combustion dans une chaudière industrielle ou dans un four de cimenterie, la pyrolyse, la gazéification, etc.