Production d'énergie

Le portrait énergétique des Laurentides permet de constater que la région est principalement importatrice d’énergie. Elle compte cependant au sud une importante centrale d’Hydro-Québec (Carillon). En termes de production énergétique régionale, il faut aussi souligner la présence de centrales privées d’hydroélectricité dont l’énergie produite est principalement redistribuée via le réseau d’Hydro-Québec, ainsi que la valorisation énergétique basée sur la récupération et la distribution des biogaz provenant des sites d’enfouissement. D’ailleurs, d’autres initiatives de récupération d’énergie pourraient être mises en place et ainsi contribuer au développement économique régional dans une perspective de développement durable (mise en valeur des matières organiques putrescibles, récupération des biogaz issus du traitement des boues municipales, récupération des rejets thermiques industriels, etc.).

 

 Ville Rivière Nom du barrage/centrale Puissance MW
Centrale privée
 Lachute Rivière du Nord Ayers 1 3,4
 Lachute Rivière du Nord Ayers 2 1,0
 Mont-Laurier Rivière La Lièvre Hydo-Méga Mont-Laurier 2,4
 Saint-Jérôme Rivière du Nord Inoac Saint-Jérôme 1,5
 Notre-Dame-du-Laus Rivière La Lièvre Rapide-des-Cèdres 9,0
Centrale Hydro-Québec
 Saint-André-d'Argenteuil Rivière des Outaouais Carillon 753
 Grenville Rivière Rouge Chute-Bell 10

Centrales hydroélectriques installées dans les Laurentides (Source : Hydro-Québec, 2011 et MRNF, n.d.)

Consommation d'énergie et émissions de GES par secteur d'activité

Transport :
On constate dans la région des Laurentides que le secteur du transport arrive au premier rang en termes de consommation d’énergie avec une estimation de 860 millions de litres de carburant. Ses émissions de GES comptent quant à elles pour l’équivalent de 2,1 millions de tonnes de CO2. La croissance rapide de la population, le mode d’urbanisation du territoire, le nombre de véhicules par ménage et l’usage principal de l’automobile dans les déplacements expliquent en partie l’impact important de ce secteur sur la consommation d’énergie et les émissions de GES.


Résidentiel :
Le secteur résidentiel est prédominant dans les Laurentides avec plus de 255 000 logements. On y trouve une proportion importante de maisons individuelles unifamiliales (65 %) dont la consommation énergétique est supérieure aux maisons jumelées, en rangées et aux appartements. Ce secteur consomme 28 000 TJ et utilise majoritairement l’électricité (70 %). Le mazout de chauffage est la ressource qui émet directement le plus de GES dans le parc résidentiel régional.


Commerces et institutions :
Les commerces et institutions sont aussi très nombreux dans les Laurentides. Ce secteur comporte majoritairement des bureaux et des commerces de gros et de détail. Selon les calculs, ce secteur consomme un peu plus de 12 000 TJ. L’électricité représente environ 57 % de la consommation d’énergie et le gaz naturel près de 36 %. C’est d’ailleurs le gaz naturel qui représente le plus important émetteur de GES dans ce secteur avec 78 % des émissions.


Industriel :
Bien que l’analyse de la consommation énergétique du secteur industriel n’ait pu être réalisée de façon détaillée à l’échelle de la région, certains éléments ont pu être dégagés des statistiques provinciales. Il a en effet été possible d’identifier certaines classes d’industries susceptibles de consommer une part importante de combustibles fossiles, notamment les milieux de la construction, de la foresterie, de la fabrication de produits chimiques, de la fabrication de produits métalliques, etc.  


Agricole :
Le sous-secteur industriel de l’agriculture mérite une attention particulière même si la région ne compte pas un nombre important d’exploitations. La consommation de produits pétroliers représente un peu plus de 50 % du portait de ce secteur, et les émissions de GES issues de la combustion de ces produits dépassent les 75 %.


Municipal :
L’enquête du sous-secteur municipal a permis de constater que les municipalités de la région utilisent une proportion importante d’électricité, soit 60% du portrait global. Il est intéressant de constater que sur la consommation d’électricité totale, il y a 21% de celle-ci qui est utilisée pour l'éclairage des voies publiques. Pour sa part, la flotte de véhicules municipaux consomme pratiquement le tiers de l’énergie en carburant, soit 29%. Les autres énergies non-renouvelables utilisées par les villes des Laurentides sont le gaz naturel, le mazout et le propane, principalement pour le chauffage des bâtiments. Les émissions directes de GES sont attribuables principalement à la consommation d’essence et de diesel utilisés par les véhicules.

Enjeux et stratégies régionales

Les enjeux transversaux identifiés pour chaque secteur d’activité analysé sont liés au développement durable de la région. Ils visent à informer et sensibiliser les acteurs des Laurentides quant à la nécessité d’optimiser la gestion de l’énergie, et ce, tant pour des raisons environnementales que socio-économiques.
D'un point de vue environnemental, l'objectif partagé par tous les acteurs est de réduire la consommation des énergies non-renouvelables, puisque celles-ci représentent une source de pollution atmosphérique (émissions de GES, smog, contaminants sous formes de microparticules, etc.) en plus de contribuer au phénomène des changements climatiques. La demande croissante envers différentes ressources énergétiques a également pour effet de créer une pression sur les milieux naturels et d'influencer à la hausse les tarifs. Une consommation rationnelle et efficace de l’énergie sera bénéfique pour l'environnement mais également pour l'économie.


Les entreprises de la région ont indéniablement tout à gagner en posant des gestes en matière de maîtrise de l’énergie. Tant l’augmentation de la compétitivité que la réduction des dépenses sont des enjeux clés pour les commerces et les industries. L’optimisation de la gestion de l’énergie en entreprise peut engendrer des économies importantes à court terme. D’autre part, les ménages peuvent eux aussi réduire leur budget alloué notamment à l’essence de leurs véhicules, mais aussi au chauffage de leur habitation.

Enfin, l’identification de stratégies à adopter pour s’engager dans la voie de la maîtrise de l’énergie permettra d’amorcer une réflexion sur des pistes d'actions à mettre en œuvre. Souhaitons que ce document soit un point de départ à la prise en charge de la maîtrise de l’énergie et à la réduction des émissions de GES dans la région des Laurentides.